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Dr. Elisabeth Shaw
« Final report of the vessel Prometheus. The ship and her entire crew are gone. If you're receiving this transmission, make no attempt to come to its point of origin. There is only death here now, and I'm leaving it behind. It is New Year's Day, the year of our Lord, 2094. My name is Elisabeth Shaw, last survivor of the Prometheus. And I am still searching.»
Lt. Ellen Ripley
« Final report of the commercial starship Nostromo, third officer reporting. The other members of the crew, Kane, Lambert, Parker, Brett, Ash and Captain Dallas, are dead. Cargo and ship destroyed. I should reach the frontier in about six weeks. With a little luck, the network will pick me up. This is Ripley, last survivor of the Nostromo, signing off.»


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Shit Happens

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Mar 6 Jan - 0:44


Shit happens.
Persée & Daïgan

“May the wind under your wings bear you where the sun sails and the moon walks.”


Son souffle se perd en une brume fine qui s'évapore au gré du vent. D'un pas lent il m'a finalement conduit jusqu'au campement là où les festivités ont déjà commencées. Je ne suis pas du genre à festoyer et à boire tout mon sous mais la petite Katelynn y est allée. Ces temps-ci, lui laisser un peu de mou me parait être la meilleure des idées alors je la suis toujours mais de loin, laissant derrière moi rivages gelés et falaises enneigée. Et tandis qu'il me traine sur les derniers mètres qui nous séparent des fumerolles de la grande plaine et gueulards désœuvrés, mon destrier borgne encaisse malgré son âge avancé. Voulant lui épargner quelques foulées, je mets pied à terre, écrasant de tout mon poids le restant de neige présente dans cet amoncèlement de boue et de pierres qui pavent la principale allée.

Le village Pikuni... Cela faisait longtemps que je n'y avais foutu le pied, bien longtemps à y repenser. Mais l'un des rares Athna que je côtoie s'y trouve et je compte bien m'acquitter d'une tache tout en évitant de m'aventurer dans la montagne. Rênes en main, je guide le vieil équidé jusqu'à l'étable avant de le désangler. Les hivers sont de plus en plus rudes et j'entends au dehors des discussions au timbre troublant. Restant affairé à brosser sa robe décharnée, je tends une oreille curieuse sans pour autant prendre part à ce débat sans fin. Il est question de vol au sein d'une tribu... Non de la mort de Kane. En fait le sujet ne cesse de changer tandis que d'autres voix s'y joignent rendant la conversation encore plus étouffante. Très vite leur assemblée me dérange, moi qui ne suis qu'habitué au martèlement sourd de ma forge. Lâchant la poignée de paille rêche, je vais de ce pas me libérer de cette tourmente, me plantant à la porte pour les observer sournoisement. Toutes ces vieilles marquent un temps d'arrêt en me voyant là passablement irrité, à les fusiller. Je n'ai jamais été adepte non plus des grands discours, m'emportant trop souvent, démarrant au quart de tour.

Leur petit cirque est soudainement devenu mon théâtre de silence. Sans un mot, je tourne les talons dès que la première se braque, claquant la porte d'un sourire naissant tandis que j'entends les vieilles peaux s'éloigner, offusquées sans doute par l'arrogance mal placée d'un Calusa hors de ses terres. Fermant les yeux, je tente de calmer mes nerfs comme Stacey me l'a jadis enseigné, appréciant chaque détail de mon environnement, la simple odeur du chanvre et de la paille fraichement sortis des greniers, le son mélodieux de la respiration latente des bourrins paissant paisiblement. Mes mains reviennent s'appliquer sur les flancs noueux de mon vieux semi-trait dont j'estime le caractère impassible, le pansant du mieux et calant sa selle sur un banc dans un fracas de sons métalliques. Dans la gibecière nouée sur le portant arrière gisent quelques bouts de ferrailles soigneusement emmaillotés pour un vieil ami, un frêle présent dont il fera, je l'imagine, bon usage. Et bien las d'entendre au loin les rires et clameurs déchainées des miens, j'en déballe un précautionneusement et sort une lame dont je reconnais l'éclat. Tel un miroir à la lueur des torches incandescentes qui vacillent, elle me renvoie mon image mais aussi le reflet d'une ombre qui vient de pénétrer dans mon havre de paix. Hélas, d'un soupir j'exulte mon agacement et replie soigneusement la peau sur le métal argenté. Ma tranquillité n'aura été que de courte durée.

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Mar 6 Jan - 1:45

Perséphone Blacks a écrit:

Shit happens.
Persée & Daïgan

J’ai dans les mains quelques fleurs séchées, que j’ai trouvées là où mes pieds ont cru bon de me mener. Au travers de ses forêts que je connais par cœur, qui me rappellent à chaque seconde que je viens d’ici et non d’ailleurs. J’ai ramassé quelques plantes dont j’avais besoin, et puis me suis remise en route en prenant soin de ne pas emprunter le même chemin. Le froid à rosie mes joues, malgré la fourrure que je porte sur le dos, j’ai l’impression que le gel survient jusque dans mes os. Et lorsque mes yeux s’interrogent un peu mieux au sujet de l’endroit dans lequel je viens d’arriver, je ne mets pas longtemps à reconnaitre un village voisin. Le calme règne, aussi bien aux alentours que dans mes veines. Je tente quelques sourires polis, par pure envie. Me détache cependant d’un quelconque groupe auquel on pourrait m’associer, mon côté solitaire n’est évidemment plus à prouver. Mais malgré cela, je ne peux m’empêcher de me demande si ici on n’aurait pas besoin de moi. Depuis l’arrivée des cents, il faut avouer que la demande d’aide, c’est de plus en plus courant, même si ce n’est pas ce qui représente le plus les camps. Bien sûr je devine qu’ils possèdent déjà leurs guérisseurs, que je les connais surement d’ailleurs. Et puis de toutes les façons je ne suis pas encore de ceux-là, me contente d’apprendre un peu plus chaque jour les plantes, les fleurs. Alors que je m’apprête à entrer dans un habitacle non loin de là, où je sais que ce que j’ai en main servira, je remarque une silhouette, que j’ai trop souvent connue. Que j’ai apprise au fil des années, en me disant cependant qu’une Athna se doit de ne pas ressentir le manque et de rester, quoi qu’il se passe hermétique à tous ce qu’on son âme pourrait lui dicter. Devenant pantin de ce qui devrait refléter mes propres croyances et tout un passé. Je l’approche doucement, comme s’il allait s’envoler, comme s’il n’était pas réellement là, combien de temps, déjà, qu’il ne l’est pas ? Combien de mois ? Je ne sais plus, je ne sais pas …

Les plantes tombent sur le sol, parce que je décide de les laisser, de ne plus m’en préoccuper. Et mes mains vont se poser sur sa nuque sur laquelle elles se resserrent un peu. Ne pas savoir comment réagir face à des retrouvailles que jamais je n’avais prévu avant aujourd’hui, tous les deux à présent si différents à cause de la vie. J’ai un sourire aux lèvres, un mal dans le cœur, une pointe d’appréhension, et je le hais si fort de provoquer tous ses sentiments en moi. Mon visage s’abaisse vers le sien, et c’est sans surprise que nos regards se croisent finalement, au moment où il se tourne un peu vers moi, provoquant une réaction étrange dans mon estomac, à l’intérieur de moi. Je lâche finalement son cou, afin de venir me poster devant lui. Je fronce un peu les sourcils en le regardant, détaille son visage, chacun de ses traits, que j’ai un jour, comme une idiote, un peu adoré. J’aurai du le savoir, que dans notre monde teinté de noir … Il n’y a aucune chance pour peu importe l’histoire. « Je te pensais mort. » Il n’y a pas plus vrai, puisque c’est le lot de notre réalité.

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Dim 18 Jan - 5:56

Et je la sens, aussi muette qu'agile, cette ombre se rapprocher, m'oblitérer de sa présence et venir se camper dans mon dos. Les quelques secondes sans contact sont pesantes de vérité, me demandant quel fou pourrait avoir l'audace d'ainsi me déranger, à la fois curieux mais aussi contrarié il faut bien l'avouer. Ce n'est que lorsqu'une contrainte s'opère sur ma nuque qu'un léger frisson me parcourt, rendant l'instant aussi désagréable qu'insolite. Curieusement je préfère l'impassibilité face à ce danger dont je ne sais rien car ce serait de mauvaise augure que de faire couler le sang en cette soirée, un accident basé sur une méprise. Mais le contact se meurt tandis qu'une voix sortie d'outre tombe captive pleinement mon attention. Un coup d'œil par dessus l'épaule et m'apparaissent les traits singuliers d'un visage que je n'ai pu oublier, ainsi que des moments partagés, souvenirs impérissables du passé. Mais mon regard se détourne d'elle quand me reviennent en tête nos dernières paroles prononcées, choses qui n'auraient jamais dû arriver. Plus rien ne compte hormis le bien-être des miens, faisant passer mon bonheur en second plan, mettant en pause l’accomplissement de mon destin. Ou peut-être l'est-ce... Foutre Dieu, j'en sais rien. J'aime bien ce que je suis devenu. Pour l'heure, elle est venue se planter devant moi et m'examine. « Je te pensais mort. » Aussitôt je fulmine. L'impact de ses mots se fait immédiatement ressentir, serrant mes poings suite à ce bouillonnement sanguin qui me domine, les articulations blanchies comme il n'est possible. Stacey.... Alors c'est avec un sourire inhabituel que je réplique à mon tour, crachant la haine que j'éprouve à sa vue floquée d'une fausse modestie. Il me vient soudainement une lueur de sournoiserie et m'amuse à la toiser de plus belle, prenant entre mes doigts son menton sans pour autant délaisser du regard ses lèvres couleur vermeille. Je me penche sur elle de ton mon poids pour lui murmurer à l'oreille quelques mots. ₪ Ton souhait çà, pas le mien. ₪ D'après ses dires lorsque nous nous étions quittés, j'avais changé en seulement deux années. J'avais bien évidemment tous les tords, ainsi qu'un panel de vices qu'elle s'était empressée de me cracher au visage: violent, moralisateur, arrogant, obstiné.... Diamétralement l'opposé du sauvage qu'elle avait connu et rencontré.
Et tandis que mes lèvres se referment, d'un mouvement vif je redirige mon attention sur cette vieille carne qui a su supporter ma compagnie durant des heures, elle au moins ne s'en ai jamais plaint. La robe de la bête semble à présent sèche et n'a plus besoin de mes soins. Pourtant il m'est beaucoup plus agréable de la toiser elle plutôt que la créature se trouvant à mes cotés. Le poil se fait de plus en plus rêche sous ma paume à mesure que je la caresse nerveusement comme pour évacuer un surplus d'anxiété. Sa présence m'importune et je mesure tout le danger qu'elle représente de temps à autre rapidement du coin de l’œil. Dans toutes tribus il est mal vu de frapper une femme désarmée, et pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manque lorsque nos regards se croisent. ₪ T'es venue pour les festivités? ₪ Ce n'est pas par pure coïncidence qu'elle se trouve ici ce soir, j'aurais juste aimé ne pas la croiser, putain de hasard.

Autant l'éviter dès que je connaitrais son programme pour la soirée. Sans y prendre garde, j'ai entamé la peau de la vieille semi-trait, un voile laiteux et suintant s'est incrusté sous mes ongles noircis par la poussière, la terre et le gré. Elle n'a pas henni, pas même frappé du pied et c'est à peine si la bête a bougé l'encolure. ₪ Merde. ₪ La blessure est superficielle mais mal située et sans être bandée, c'est la selle qui finira par l'achever. Sans grand espoir, j'ai dans l'idée de trouver de quoi la soigner moi même dans la sacoche située sur la selle mais à mon grand désarroi, l'Athna est encore sur mon chemin. Las de devoir me confronter à elle, je la bouscule volontairement au passage ₪ Tu permets ₪ . Dans tous les cas je ne demanderais pas son aide, se serait bien trop la flatter.








Perséphone Blacks a écrit:
Face à lui, je sens poindre en moi des émotions que je n’avais ressenti depuis plusieurs années, je crois. Je ferme mes paupières et je me contrôle, je me dis, que je n’ai pas le droit. Pas le droit de lui montrer, que si je le pensais mort, c’est parce qu’en réalité, le manque n’est plus à prouver. Je me souviens de ce temps, celui où on se permettait d’être innocent. Ces moments spéciaux que l’on a partagés, quelque chose qui relève plus du rêve maintenant, en résumé. C’était bien, mais c’était avant, ce n’est pas la peine de pleurer sur ce qu’on a perdu à présent. Quand mes prunelles se posent sur ses mains, je constate l’impact de mes mots, le ressent presque sur ma propre peau. Et son regard s’abaisse sur mon visage, de tout son être il me surplombe, peut-être que ça a toujours été le cas, peut-être que c’est pour cette raison que nous ne sommes plus rien l’un pour l’autre, lui et moi. Ses mains se posent sur moi, plus dures et rugueuses que les miennes lorsqu’elles étaient sur lui quelques instants plus tôt. Je devine sa force décuplée depuis le temps, je devine presque tout, tremble un peu, de constater, que si sa présence me perturbe, je suis une idiote qui le trouve toujours beau. Quand ses lèvres s’approchent de mon oreille, mon cœur se met à battre trop fort, et j’ai l’impression étrange, qu’en moi, ça me dévore. « Ton souhait çà, pas le mien. » C’est faux, et j’espère presque qu’il le sait, ses quelques paroles sont des plus erronées. Daigan … De tout ce que j’aurai pu souhaiter, ta mort, se trouve dans la liste, en dernier. Nos dernières discussions me reviennent en tête, et je réalise bien vite que c’est logique qu’il pense cela, ce n’est pas comme si nos paroles avaient ressemblé à des mots d’amour cachés, de toutes les façons, je crois que pour l’amour, on a jamais été doués. On pensait tout savoir, et pour ma part, j’ai juste foncé dans quelque chose de trop noir. Parfait condensé de notre histoire.


Il se détache de moi, s’affaire sur sa bête, et je reste sans voix. Sans savoir quoi rajouter de plus, parce que de toute évidence, il n’y a pas grand-chose à dire. Il n’est pas mort, soit, alors ne reste plus qu’à partir pour me trouver avec quelqu’un que ma présence ne dérangera pas. C’est aussi simple que ça. Aussi simple, n’est-ce pas … Le problème est que je ne bouge pas, je me contente de le regarder, parfois, de ressentir toute sa haine, jusque dans mes veines. « T'es venue pour les festivités? » Non je me suis contentée de suivre mes pieds, d’aller là où bon me semblait. Alors pour réponse je garde le silence, le toise quand je hoche le visage de façon négative, de notre relation j’en oublie les prérogatives. « Je suis venue par envie. » C’est comme cela que fonctionne ma vie. Et je me demande comment fonctionne la sienne, je l’imagine bien moins sereine. Je choisis de ne pas lui poser la même question en retour, choisis de faire comme si cela ne m’importe pas. Mon souffle se perd et je l’entends prononcer une grossièreté, c’est bien pour cette raison, que je relève à nouveau mon regard dans sa direction. Mes paupières plissées, j’entrevois la blessure … Je peux l’aider, s’il le veut, je l’assure. Mais lorsqu’il se tourne, me passe devant, heurte mon corps volontairement, je comprends. Si ma fierté n’est plus à prouver, la sienne, je l’exècre au plus haut point, je l’avais oublié, et pour le coup, c’est soudain. « Pousse toi » Rien que ça. Pour ne pas lui donner satisfaction, je ne bouge pas. Plusieurs secondes défilent avant que je ne m’avance vers son cheval, pour regarder de plus près, peu importe ce qu’il peut en penser. Je murmure à l’animal que ce n’est rien, que tout ira bien. Avant de chercher le regard de mon ancien ami, amant.
« Tu n’as qu’un mot à dire. » Et je t’accompagnerai, pour trouver une plante capable d’arrêter l’afflux de sang, son mal qui pourrait devenir si grand. Mais malgré les mots que je viens de prononcer, je m’éloigne déjà un peu, à la lisière de la forêt, celle que je viens d’emprunter pour arriver jusqu’à lui. « Aux dernière nouvelles, tu es plus enclin à jouer avec une épée plutôt qu’à soigner les plaies. » Et tu as ouverts les miennes, m’a saigné, pour finalement m’abandonner. Chacun sa version de l’histoire, le plus important reste qu’on soit tous les deux gagnants. Perdants .

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Dim 25 Jan - 12:04

D'une œillade discrètement lancée je la vois s'approcher de ma monture et murmurer quelque chose dans mon dos. Quelle idiote. Comme si la bestiole pouvait comprendre un traitre mot de ce qu'elle lui chuchote, j'en rigole sournoisement rien que d'y penser. A croire que le temps ne l'a pas arrangée. Toutes ces années passées à apprendre les vertus des plantes... Elle a du abuser des décoctions qui font joyeusement méditer. Pour le moment je suis plutôt affairé, consciencieux, les mains dans la gibecière vainement en quête de tissus mais je sais déjà que rien ne fera l'affaire. « Tu n’as qu’un mot.... » Ce qu'il ne fallait surtout pas me dire. La seule phrase que je ne voulais pas entendre vient d'être émise. Ses paroles pourtant douces en apparence sifflent à mes oreilles comme la bise glacée de l'hivers, refroidissant soudainement mes ardeurs en soulignant mon impuissance face à la situation. Un autre regard d'elle et je ne réponds plus de mes actes, alors mes yeux la perdent de vue tandis qu'elle tourne les talons et quitte les lieux mais pas sans une dernière remarque. « Aux dernières nouvelles, tu es plus enclin à jouer avec une épée plutôt qu’à soigner les plaies. » C'est d'ailleurs ce qui m'effleure les doigts en ce moment même, la pointe irisée d'un poignard que bon Dieu j'aimerais lui lancer en guise de réponse. Mais ce n'est qu'une soudaine envie, une idée absurde qui me traverse l'esprit parmi tant d'autres et dont je me sais très bien incapable.
Et bien que je me sente soulagé de par son absence, le doute qui s'est installé persiste. Cette aide m'aurait été forte utile et j'aurais dû l'accepter si seulement, si seulement j'étais mon obstiné, si mon cœur ne la haïssait pas tant. ₪ Merde! ₪ C'est un râle qui exulte du tréfonds de mes tripes. Dans un mouvement de colère, j'ai sauvagement renversé le contenu de la sacoche, les armes étalées sur les pierres reflétant les torches, m'entaillant de ce fait sur la dague que je caressais aveuglément. Mais un bandage de fortune règle très vite ce léger désagrément alors que j'observe une minute de silence, adossé à une poutrelle me demandant comment j'en suis arrivé là. Un dernier coup d'œil sur la blessure de la jument et j'admets, malgré moi, que je suis prêt à supporter l'intolérable.
Les mois d'hivers passaient avec une lenteur déconcertante. De mornes cieux d'un gris persistant, que ponctuaient des orages violents et des pluies battantes, minaient jusqu'à mon énergie. Mais rien de tel ce soir dans les cieux. Les reflets des feux dans la clairière égayent le pan de résineux qui constitue une fortification naturelle pour le village. Et son ombre qui quitte lentement le sentier pour s'aventurer à la lisière des bois, j'en devine déjà la raison ou bien alors elle quitte le village à cause de moi. Cette dernière pensée me rassure et j'en reviens brusquement à me demander d'où vient cet émois. Après tout, elle n'a rien fait jusque là pour mériter tant de rancœur, seulement proposé son aide pour en quelque sorte me faire une fleur. Mes mâchoires se compriment en rythme sous l'effet de l'agressivité rancunière que je nourris contre elle et qui, petit à petit, se meurt. Il est malsain de laisser une plaie ouverte car avec le temps elle prend de l'ampleur.
L'hésitation se fait ressentir dans chacun de mes gestes, dans chacun de mes regards qui oscillent, tantôt rivés sur la clairière, tantôt sur son ombre qui au loin dérive. Bientôt elle disparaitra de mon champs de vision, ce n'est qu'une question de temps, de minutes, de secondes. Alors bien que la décision soit difficile à prendre, c'est sur un coup de tête que je fais un pas dans sa direction, descends le perron de bois et enchaine les enjambées. De taille plus grande, je la rattrape très vite et me positionne à ses cotés, l'accompagnant silencieusement dans sa balade diurne puisque ma gorge est nouée par les aspérités de mes sentiments partagés. Après quelques pas, j'ose la regarder de biais un bref instant et souffle en dérision ₪ Tout le monde saigne... les plaies ne sont que des cicatrices que seul le temps peut apaiser. ₪ Parce que j'ai peut-être enfin compris le sens caché - si tant est qu'il y ait eu un - de ses dernières paroles.





Perséphone Blacks a écrit:
Ma conscience me murmure, susurre, que je ne peux pas laisser souffrir sa monture. Que puisque j’ai le savoir, j’en ai par ce fait, le devoir. L’aider pour ne pas la laisser mourir aussi simplement, à cause du temps qui ne peut s’empêcher de défiler. Mes prunelles observent déjà tout ce qui peut bien se trouver autour de moi, sans regarder en arrière, je me force à ne pas vérifier, s’il m’a suivi, s’il a su ravaler sa fierté. Je cherche en silence une solution à son mal, évidemment, celui de l’animal. Peu importe ce que cela sera, une plante, une fleur, de celles qui ne fleurissent que l’hiver pour s’éteindre au printemps, de celles qui prennent peu de temps pour exister, à l’abri des regards indiscrets. Mes doigts effleurent l’herbe à peine mouillée, tandis que mon cœur me dicte que c’est bien cette fameuse fleur aux couleurs bleutées qui pourrait l’aider.
Mais le problème, oui, mon tourment d’aujourd’hui, n’est pas cette recherche improvisée, non, il se trouve dans cette vague de sentiments contraires que voir Daïgan a pu provoquer. Comme une enfant, une débutante ou novice, je me suis fait surprendre par ce qui pendant un temps a été mon pire supplice. Mon âme s’en trouve amoindrie, comme s’il avait une réelle influence sur cette dernière. Alors je secoue mon visage et décide une nouvelle fois, de faire comme si de rien était, comme si notre histoire n’avait jamais existée. Dans notre monde, à l’évidence, il n’y a pas de place pour ce que le cœur pourrait guider, pas de place, jamais, pour le mot aimer. Et cette haine dans ses iris me l’a démontrée, celle dans mes gestes aussi, à dire vrai. Pourquoi s’affairer à vouloir à nouveau danser ? Autant l’un comme l’autre, nous ne sommes pas assez doués. Et aux jeux de la vie, il préfère ceux de l’épée. Sauvage, je le sais parfaitement capable de me tuer.

Les minutes défilent avant que je ne ressente sa présence à mes côtés. Mon regard lui, reste fixé sur les alentours, ne voulant pas croiser le sien volontairement, car je me remets encore de nos retrouvailles étranges, que je n’aurai jamais souhaitées. Je pensais en avoir fini avec lui, je pensais aussi que je ne ressentais plus rien pour lui. Si ce n’est une rancœur, quelque chose qui inspire simplement la douleur. Quand j’entends son souffle, je me permets, un peu hésitante, c’est vrai, d’incliner le visage vers lui, d’oublier un peu la recherche de fleur pouvant sauver sa jument. « Tout le monde saigne... les plaies ne sont que des cicatrices que seul le temps peut effacer. » Je lui donne raison, évidemment. Alors je hoche la tête pour approuver en silence. Le souci étant que de le revoir j’en ai perdu toute possible délivrance.

Le temps ne m’a pas aidé, et si j’osais, je lui dirai qu’il ne l’a pas fait à son égard. Que la tension présente, le prouve, dans notre semblant de discussion. Mille et une questions prennent naissances dans mon esprit, une flopée de mots que je refuse cependant de prononcer. Et si c’est le cœur Dag qui est touché, comment faire pour espérer le réparer ? Et si l’on parle de premier amour, est-ce qu’il est possible de s’en remettre un jour ? Et si je te disais, que des tortures celle que tu m’as infligé était la plus pure ? Je saigne depuis que les cents sont là, depuis que ceux de la terre les ont décrété dangereux. Depuis que tu as choisi d’être comme eux. « Et les mots, eux, ne sont jamais assez puissants. » Puisque tu ne m’as jamais comprise, ou que tu m’en donnes l’impression étrange et vorace. Je ferme les yeux quelques secondes avant d’affronter les siens, de retenir une nouvelle fois mes mains. Ne pas le toucher, lui donner l’impression qu’il pourrait me contrôler.

Je tais mes questions, réalisant qu’il doit surement penser que ma phrase est complétement de sens, dénuée. « Le temps, il t’a aidé ? » Je laisse de côté la philosophie, le fait de parler avec des non-dits. « Tu es devenu ce pourquoi tu as tant travaillé ? » Ce pourquoi tu m’as quitté. « Dis-moi, Daïgan, tu as réussi ? » A devenir tortionnaire, bourreau. Maitre suprême de chacun de mes maux. Quelqu’un que je hais, que je pourrais achever. Et je ressens battre mon cœur trop fort, quand je quitte ses prunelles des miennes, quand mes yeux se posent enfin sur cette maudite fleur, et que je l’arrache à la terre sans douceur. « Tiens. » Sur son torse j’envoie la fleur, laissant ma main sur ce dernier, afin de ne pas la faire tomber. Et je me retiens, de ne pas relever mon regard vers le sien. De ne pas devenir vulnérable, de l’oublier, je le sais, j’en suis capable. Pour toujours, à jamais. Pour nos bêtises, je n'ai plus le temps, je ne suis plus une enfant.




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MessageSujet: Re: Shit Happens Jeu 12 Fév - 11:53

« Et les mots, eux, ne sont jamais assez puissants. » Je reste interdit face à ses paroles dont je ne saisis pas toute la signification. Ils causent en moi un trouble grandissant à mesure que je tente d'en effleurer le sens. Mais lorsqu'elle appose une nouvelle fois son regard sur ma personne, je reprends contenance, faisant mine de ne plus rien éprouver, faisant abstraction de ce moment d’égarement. A elle seule, son existence est un supplice pour mon ego, un tourment dans lequel je me suis jadis plongé sans prémices étant tout jeune ado. Je laisse de coté mes appréhensions un instant, et la découvre sous un autre jour, cherchant entre bois mort et branches brisées au milieu de cette nature figée, l'objet d'un éventuel accord. Après maintes années passées à se haïr, elle tente toujours de m’aider. Elle est comme un sombre présage bercé par de belles illusions, un incroyable mirage qui de par sa pureté annihile en moi toute émotion. Autrefois perçue comme un matin de printemps plein de promesses, je vois en elle à présent la seule femme capable de me tenir tête.

Et je ne peux le nier, forcé d'admettre que dans l'hypothèse où je laisserai parler mon cœur non sans douleur, c'est en proses que je lui murmurerais une affection déterrée du passé, un regain de sentiment renaissant, jadis oublié. « Le temps, il t’a aidé ? » Mes yeux se détourent d'elle d'un mouvement indolent, frôlant de vue les lumières tamisées au loin du banquet d'où les chants antiques de nos aïeux s'élèvent. « Tu es devenu ce pourquoi tu as tant travaillé ? » Non. Ce pourquoi je suis né, ce pourquoi j'ai été élevé, mais aussi ce à quoi j'ai été forcé. « Dis-moi, Daïgan, tu as réussi ? » Curieusement je la reprends sans perdre de temps, sur la défensive, dominé par l'exaspération qu'elle vient de faire renaitre. ₪ J'ai encore quelques années à vivre. J'ai encore de quoi voir venir... ₪ Nul besoin de nier l'évidence, elle sait d'où me vient cette fragrance d'hostilité. Puis elle se baisse quittant de ses yeux les miens, évitant de sustenter cette rancœur qui m'anime, arrachant à la terre ce que je n'ai pu voir d'une seule main. Puis elle se relève en soulignant la tension de cet instant par un mot bref et appose la plante bleutée sur ma tunique en un endroit bien singulier, geste qui me ferait presque reculer. Mais je n'en fait rien car ce serait sans doute d'avantage la froisser.

Immobile quelques secondes à la simple vue de ses doigts posés sur mon torse, j'estime qu'il est plus que temps d'avoir moi aussi quelques douces paroles histoire de la remercier. Ma main vient s'apposer sur la sienne, nos doigts s'entremêlent comme autrefois et c'est à cet instant qu'une curieuse pensée m'anime. ₪ Cette fleur... est bien pour la jument n'est-ce pas? ₪ Sans doute me fais-je des idées mais c'est bien sur mon cœur qu'est venue se loger cette fleur. Alors elle exerce d'avantage de pression sur cette plante dont je sens les épines s'enfoncer affectueusement dans ma chaire malgré l'étoffe. Cela veut peut-être dire que non. J’en souris malgré la légère douleur infligée car après tout, ne serait-ce pas un aveux qu'elle vient de me donner? Et si ce n'est le cas, si ce n'est que pour me défier d'avantage, elle vient de s'affliger elle aussi quelques blessures bénignes en souhaitant me provoquer. Sa main se retire vivement et j'en laisse tomber l’orchidée couleur azurée que je ramasse aussitôt tandis qu'elle s'écarte de quelques pas dans la direction opposée. Non, tu ne me fuiras pas comme cela, pas sans te dévoiler et de toute manière, je ne saurais préparer seul l'onguent puisque de la médecine je n'en connais aucun secret. ₪ Hey. ₪ Alors j'agrippe son poignet tandis qu'elle fait mine de partir, la contraignant à me faire face une nouvelle fois et lui ouvre les doigts pour juger de ses écorchures, de simples égratignures rougissant sa paume diaphane. Mes lèvres vont pour lui proposer d'aller soigner ces blessures sans tarder lorsqu'un cor puissant retentit dans les cieux, un son bien particulier que l'on n'entend à raison que de quelques fois dans l'année. Mais sa rareté n'a d'égal que sa nocuité car dans quelques minutes, d'un épais brouillard acide le village sera inondé. Je lève alors les yeux vers les feux rayonnant un peu plus loin et d'où quelques cris viennent s'ajouter à une agitation soudaine. Katelynn... Un prénom lâché dans un murmure. D'où je suis, je ne vois que quelques silhouettes courir dans le but de s'abriter, chose que nous aussi ne devrions pas oublier. Et Forcé d'admettre que je n'aurais le temps de rechercher ma sœur, je n'ai





Perséphone Blacks a écrit:

Shit happens.
Persée & Daïgan

Je n’attends pas de réponse de sa part, sachant pertinemment que je ne vais pas aimer ce qui va pouvoir traverser ses lèvres dans l’instant. Une réponse positive à mon attaque, sa façon à lui de pouvoir me donner une claque. ₪ J'ai encore quelques années devant moi. J'ai encore de quoi voir venir... ₪ Et j’en perds tout possible sourire, me contenter de lâcher un faible soupir. Je me demande ce qu’il nous est arrivé, pourquoi nous voici aujourd’hui si éloigné. Les souvenirs me semblent de moins en moins lointain, ces jours où nous étions ensemble, à tout partagé, il me semblait pourtant qu’on était bien. Devant ma pauvre innocence renaissante je reste sans voix, ne lui répond pas. De toutes les façons je ne vois pas ce que je pourrais ajouter, je n’ai plus de raison de vivre ses débats mentaux à son sujet. Plus d’envie aussi, constate juste avec ardeur à quel point elle a pu nous changer, la vie. Et j’attrape la fleur, malmène sans arrêt mon cœur. Et je touche son torse, torture mon intérieur, oublie le temps, résiste à l’appel de ses prunelles par un manque de courage aberrant. Face à lui je ne suis plus une Athna, j’ai du mal à être moi.

Avalant ma salive difficilement, je me laisse surprendre par ses doigts qui viennent trouver les miens, emprunter presque de mémoire ce chemin. Mon souffle s’en vient à être couper, et je relève le regard même si je voudrai lui montrer que je ne ressens à absolument plus rien à son égard. ₪ Cette fleur... est bien pour la jument n'est-ce pas? ₪ Pour qui d’autre elle pourrait être ? J’incline mon visage, tente de le deviner, j’en ferme mes paupières de réaliser comme cela peut être facile de le faire. Mes doigts resserrent les siens, les affectionnent avec une nostalgie soudaine. Appuient sur ce cœur que j’aurai voulu toucher plus profondément, mais que je n’aurai jamais pu contrôler, j’y ai cru et puis … L’envie jamais ne suffit. Si j’osais je lui dirai que la fleur ne peut être pour son propre cœur, puisqu’il l’a trop abimé, et que je ne saurai même pas par quel moyen le réparer, par où commencer. Mais le romantisme ne fait pas parti de notre monde, aussi bien que notre terre est ronde.

Alors avant de trop retrouver quelque chose que je veux cacher depuis des années, je recule de quelques pas, m’éloigne de son emprise, de lui, de nous, juste ça. A présent qu’il a sa solution, je décide de repartir vers un ailleurs ou plus jamais il ne pourra se jouer de moi, plus jamais je ne devrai faire comme si je ne souffrais pas. Plus jamais je ne mentirai autant. Pour ces futilités je l’ai dit, je n’ai plus le temps. C’est à ce moment là, que je ressens une douleur au niveau de ma main, blâme les épines de la fleur, et hais me dire qu’elles pourraient représenter certaines cicatrices qu’en moi il a provoqué. ₪ Hey. ₪ Et mon organe vital en loupe un battement, faible par sa faute, je voudrai l’avoir rêvé, ne pas avoir entendu sa voix murmurer. Me contenter de me penser folle, d’être simple victime de fabulations. Mais je ne peux convaincre ma propre raison. Il attrape ma main, une nouvelle fois, avec plus de véhémence, me force à me retourner vers lui, et nos prunelles s’affrontent, se défient, sans comprendre ce que nous sommes en train de vivre, ce que je fais encore ici. Et je le supplie, de façon muette, mais je le fais, je le supplie de me laisser en paix. De me permettre une bonne fois pour toute de l’oublier. Parce que si je pensais l’avoir fait en le pensant mort, à le souhaitant mort, force est de constater que ce n’était pas le cas, que je le maudis pour cela. Ma main blessée passe au crible de ses iris bleutés. Je retiens mon souffle, observe aussi mes blessures presque factices, lorsque le cor retentit. Le temps s’arrête. Le monde se meurtrit. ₪ Katelynn... ₪ Alors je me défais de son emprise pour me retourner rapidement vers la provenance des cris. Une centaine de pensées se bousculent dans ma tête, et j’en reste toujours muette. Et même si je sais que le brouillard va bientôt arriver, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il n’est présent que dans mon esprit pour l’instant, tatoue mon âme d’une encre indélébile, lentement. Mon pouls accéléré bat dans mes oreilles qui ne veulent s’arrêter de bourdonner.

« Daïgan. » je prononce enfin, lui montrant un calme parfait, calculé, qu’on m’a appris à garder. Cette fois c’est moi qui vais trouver sa main, qui attrape ses doigts des miens avec une véhémence non contrôlée, je me bats contre le temps, son absence. « Elle saura s’en sortir. » Ma voix est dure, sèche, parce que je sais qu’autrement je ne pourrai pas lui faire entendre raison. Parce que dans le fond il est comme les hommes qui partagent mes croyances, ma maison. « Viens ! » Je lui ordonne presque tandis que je tente de tirer son corps vers le chemin opposé au village, ne voulant pas être témoin d’un cauchemar. Ne pas savoir comment faire pour sauver tous les gens, risquer ma vie pour celle d’autrui. « Dag, on a pas le temps. » Et son esprit buté ne veut s’accorder au mien, alors je perds patience en le tirant une nouvelle fois vers moi. « Te penser mort ne signifie pas que je veux le voir aujourd’hui. » Je soupire en une supplique indésirée. « Je veux pas te perdre pour de bon. » Jamais. « Pas avant d’avoir pu te donner une bonne gifle, gamin. » Et j’espère le faire réagir, j’espère qu’il va accéder à ma demande. Ne me laisse pas seule, ne m’inflige pas cette punition de ne pas savoir si un jour encore je pourrai murmurer ton prénom.

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MessageSujet: Re: Shit Happens Jeu 9 Avr - 9:11


Shit happens.
Persée & Daïgan

Mes oreilles l'entendent clairement prononcer ce nom qui est mien mais mes pensées sont déjà bien loin, là où les cris se meurent en murmures puis renaissent en clameurs horrifiées, à l'orée de la clairière où je ne peux aller. Une sensation de chaleur se faufile entre mes doigts tentant vainement de m'extirper de cet état de latence duquel je ne peux me dérober. Des ombres défilent au loin et malgré la menace persistante, j'essaye en vain d'en détailler les traits, tentant d'en discerner une quelconque particularité qui pourrait m'aider à les identifier. Les silhouettes disparaissent de part et d'autre des chemins, s'enfonçant dans les bois, délaissant derrière elles festivités et feux de joie. Nous devrions en faire de même mais mes pieds ne peuvent bouger, contraint par cette volonté de ne pas l'abandonner. « Elle saura s’en sortir. » Je l'entends une nouvelle fois et donne, même si le doute persiste quelque peu, raison à ses paroles. Katelynn n'est pas seule. Ce n'est que maintenant que j'entrevois la réalité: elle est devenue, malgré le poids pesant de mes attentions, une jeune femme responsable, une jeune femme...d'exception.

« Viens! » Perséphone ne cesse de me tirer à elle alors que je me soustrais doucement de ma torpeur mais mes pieds restent encore ancrés, signe que je ne suis pas encore prêt à suivre son chemin. Dag, c'est la première fois depuis longtemps que ce sobriquet affectif effleure ses lèvres, mais je reste toujours le regard rivé sur la foule qui tente d'échapper à cette bien triste veillée funèbre. Elle me supplie presque d'avancer dans sa direction, de faire un pas pour échapper à cette lourde malédiction. « Pas avant d’avoir pu te donner une bonne gifle, gamin. » Mes yeux se détournent brusquement. Ça y'est, au prix d'un affront j'en suis finalement sorti de ce tourment.






Sans un mot mes doigts se referment sur les siens et je la toise, les lèvres entachées d'un léger sourire, avant de l'entrainer non sans un dernier regard dans la direction opposée. Nous nous enfonçons dans l'obscurité avec pour seul guide les brides de quelques souvenirs passés. Jadis, j'avais malencontreusement découvert une cache en rentrant de chasse avec un Pikuni. Mais cela datait de l'époque de nos 16 ans, avant qu'Hopper ne perde ses parents et depuis, bien des lunes dans les cieux s'étaient élevées, embrumant mon esprit par bon nombre d'atrocités. Je n'avais pas encore réalisé à quel point je m'étais égaré toutes ces années.
Nos paumes ne cessent de se trouver tandis que nous fuyons, nos vêtements se prenant dans les branchages cassants, blessant nos chaires jusqu'au sang. Après quelques minutes, j'appose ma main sur une souche éventrée que je ne connais que trop bien, apaisé de toujours ressentir ce contact dans mon autre main. Un peu plus loin gisent les restes d'une vieille route qu'autrefois nos aïeuls empruntaient et en aval d'un raidillon, demeure la carlingue d'un montre de fer à semi-enterré dans lequel il y a maintes années j'étais tombé.

Quelques foulées parmi les débris d'un lointain passé, une course ascensionnelle durant laquelle, attentif, je l'aide à grimper et nous dévalons cette pente pour stopper, la carlingue couchée partiellement enfouie à nos pied. Quelques traces de peintures écaillées laissent deviner une couleur jadis ensoleillée, aujourd'hui d'un jaune pâle, délavé par le temps. Rien à l'extérieur ne laisse présager de sa grandeur sauf quelques vitres et parcelles de métal corrodé que la nature a, dans sa grande sagesse, oublié de dissimuler.
Ouvrant la trappe, j'estime devoir descendre le premier histoire de m'assurer que nul danger ne nous prendra au dépourvu. Quelques rayons lunaires passent au travers des vitres entachées, dévoilant les rangées de sièges en haut et en bas du bus dont certains d'entre eux se sont dissociés du planché.
₪ Perséphone, tu peux venir...₪ Les bras levés vers elle pour l'aider, j'attends qu'elle daigne répondre à mes paroles pour l'accompagner dans sa descente.

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MessageSujet: Re: Shit Happens Jeu 9 Avr - 9:11

Perséphone Blacks a écrit:

Shit happens.
Persée & Daïgan

Mon cœur semble compter les secondes, celles qu’il met à se décider, à rendre mon désir réalité. Qu’il me suive enfin, qu’il ne me laisse plus seule, jusqu’à la fin. Je défaille, divague, je crois ne plus pouvoir me contrôler, et ma respiration s’emballe lorsqu’il semble retrouver la raison. Ses doigts se referment sur les miens, durement, et ses yeux m’offrent un défi, sur ces lèvres s’acoquine cet air taquin, que je connais que trop bien. Réveillé simplement par le mot gamin. Cette constatation fait naitre sur mon visage un sourire certain, me donne cette impression biaisée, idiote et inutile, d’avoir une envolée de papillons à l’intérieur de moi, comme si c’était le moment, comme si nous en avions le temps, comme si je ne savais pas déjà que l’issue de notre union est un échec cuisant. Et finalement, il m’entraine avec lui, bien que j’aurai voulu que ce soit l’inverse, à défaut de le forcer à me suivre, je réalise que c’est moi, peut-être que ce fut le cas à chaque fois.

Tandis que mes pieds battent le sol plus vite que je ne saurai le dire, ou même le penser, je reste accrochée à cette main qu’il a bien voulu me donner. Et je me dis que si je le lâche, je pourrai surement en mourir, à jamais le regretter. Et même si ce soir c’est la triste réalité, le fait est, que même s’il n’y avait pas cette menace sur nous, ce serait le cas, je suis stupide, comme à chaque fois. Le faire sortir de ma vie, c’est si compliqué, c’est presque impossible, je suis finie. C’est cuisant, presque trop géant, et je cours encore à ses côtés, le suivant. Ce que je ressens, je déteste, mais tellement … Je voudrai le croire encore mort, je voudrai ne pas avoir eu tort. Je hais cet impact qu’il a sur moi, ce contrôle que je lui donne sans même le voir, je perds mes idéaux, détruis mes connaissances, oublie la guerrière, force est de constater, qu’il ne reste que cette fille qu’il a marqué durant des années, mon âme, c’est de son prénom qu’elle est tatouée.

A mesure de notre course, la nature nous attaque, mais rien ne pourrait nous arrêter, ou en tous les cas, c’est ce qu’il me parait, et j’en laisse tomber sur le sol, cette fourrure qui commençait à m’encombrer. J’avoue ne pas regarder, ni même observer où il nous conduit, ne me reste en tête que le fait que j’ai confiance en lui. Que peu importe la route, j’emprunterai aveuglément son chemin, sur ce fait là, je ne pose aucun doute. Il ralenti alors je le fais aussi, et je m’assure de suivre ses pas, j’accepte son aide lorsqu’il veut bien me l’a donné, me complait dans cet ancien duo que nous sommes en train de reformer, me surprend adorer trop fort de l’avoir lui à mes côtés. Ressentir bien des choses brûlantes en mon intérieur, qui feraient presque peur à mon cœur. Je respire à sa façon, exécute la moindre de ses volontés, me plie à son instinct que je sais à la limite du parfait. Il nous trouve une entrée dans un antre qui je le sais, il connait. Puis il disparait, s’enfonce dans la gueule d’un ancien je-ne-sais-quoi appartenant à cet autre monde que ni lui ni moi n’avons pu connaitre, j’aperçois d’anciennes fenêtres. J’attends quelques secondes, devinant, et je ne saurai dire comment, qu’il s’assure que je peux le rejoindre avant de m’inviter à le faire, comme si j’étais capable de déchiffrer la plus infime de ses pensées.

« Perséphone, tu peux venir... » Sa voix enveloppe alors tout mon être, et mon regard descend vers lui, un sourire inexplicable sur mes lèvres, un réconfort inédit qui prend place en moi, parce qu’il est là. L’évidence est telle que je n’ai plus peur. Après un soupir, un regard derrière, en direction de l’endroit où nous étions il y a quelques minutes encore, je me décide à me laisser glisser dans sa cachette de fortune, laissant ses mains guider mon corps et le toucher comme il ne l’a pas fait depuis des mois, ça me coupe le souffle, malgré lui et surtout, malgré moi. De mes cuisses à mes hanches, avant que mes pieds ne touchent le sol et que dans un mouvement rapide je m’éloigne de lui. Comme s’il en dépendait de ma vie. Je réalise alors qu’il est aussi nocif pour moi que le gaz qui aurait pu nous tuer. Comprends que me retrouver dans un habitacle confiné avec lui n’est à la réflexion, pas une bonne idée, il semblerait même que ce soit tout l’opposé. Mes prunelles posées sur lui, mon rythme cardiaque est enfin enclin à se calmer, ou tout du moins à ne plus être autant affolé, j’essaie tant bien que mal de reprendre le contrôle de moi, sachant pertinemment que je lui ai laissé bien trop longtemps ce droit.

« Faut qu’on stoppe nos saignements. » Je prononce d’un air solennel, presque détaché, autoritaire et dénué de toute émotion, parfait contraire de ce qu’il se déroule présentement dans mes pensées, parce que c’est toute ma tête qui va finir par exploser. Je pense à lui, je pense à eux, ceux qui étaient là-bas, ceux que je ne sauverai pas, je pense à moi, et puis à nous, c’est aussi vrai, je ne peux pas m’en empêcher, et pourtant je jure que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne plus, dans mon esprit, rejouer les grandes notes de notre histoire.

En passant une main sur mon visage de presque pantin entre ses mains, j’avale ma salive difficilement, lutte contre moi-même, me devine blême. Je recule de quelques pas, regarde ça et là, cherche quelque chose qui pourrait le soulager, une plante, une fleur, quelque chose qui aurait pu se faufiler jusqu’ici. Puis mes doigts s’activent, déchirent un bout de tissu, de cette robe que je porte et que la nature a étriqué, arrache des feuilles que je ne connais pas, mais je leur fais confiance, juste comme ça, parce que j’ai foi en moi, avant de m’approcher de lui, retenant presque ma respiration, au moment j’appose contre une de ses blessures ce que je viens de couper, mordant ma lèvre pas assez longtemps pour m’abstenir de parler. « D’abord tes blessures, ensuite, ta claque, ne t’en fais pas. » Promis, je te montrerai, à quel point je hais de t’avoir trop aimé.


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MessageSujet: Re: Shit Happens Dim 12 Avr - 21:40



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Mes yeux plongés dans les siens, je ne prête attention à mes mains qui, dans un mouvement désintéressé, viennent froisser l'étoffe échancrée, retroussent le textile entaillé jusqu'à dévoiler ses jambes dénudées. Ma première réaction est d'éviter de les caresser du regard et pourtant je ne peux me laisser aller à la curiosité de poser mes yeux sur cette peau satinée. Une fine empreinte plus foncée laisse à penser qu'elle s'est coupée durant notre fuite. Mais je n'ai le temps d'en juger avec certitude que déjà, elle appose délicatement ses mains sur mes épaules et se laisser tomber, guidée dans sa chute. Cette vision aura eut le don de réveiller un sentiment jusque là longtemps réprimé et auquel je m'efforce de résister, chassant de mon esprit ce qui vient de se dérouler. Malgré nos violentes disputes et ces longues années d'ignorance, je ne sais pourquoi j'éprouve toujours pour elle cette attirance, elle, l'inaccessible beauté bafouée par la démesure de mon arrogance.

Et mes craintes infondées deviennent alors réalité, prenant corps en sa présence: une fois de plus, consciemment ou non, elle a encore su m'apprivoiser car ce n'est plus avec rancœur que je la contemple mais avec une tendre affection, un sentiment envers elle dont je me pensais immunisé à présent. « Faut qu’on stoppe nos saignements. » Exauçant mes prières, elle se détourne de moi, s'aventure au cœur de l'ossature métallique et je la suis du regard, curieux d'entrevoir ce qu'elle pourra trouver dans la pénombre de ces lieux.
Puis je retrouve la raison à mesure que les secondes s'écoulent, ne perdant plus de vue que le temps est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre de perdre en futilités. Je laisse alors derrière moi les querelles du passé et les mots ayant dépassés nos pensées pour me concentrer sur ce qui nous permettra de survivre une nuit de plus. Un pied apposé sur l'un des sièges éventrés, je me hisse jusqu'à l'ouverture et force sur le battant d'acier corrodé qui se referme lentement sur nous. Quelques rayons pénètrent par de fines cavités entre la rouille et les joints rongés. Il ne me reste plus qu'à espérer que le mal qui nous suit de parviendra pas à s'y infiltrer. Un regard vers elle qui revient quelque chose à la main et je regrette maintenant de l'avoir entraînée dans ce qui sera peut-être un tombeau, une cache sans lendemain. Sans m'en demander la permission, elle appose cette chose sur mon bras et ne me demandez pas pourquoi mais je me laisse séduire sans afficher la moindre réserve. De ces herbes, il me semble en reconnaitre quelques unes mais mes souvenirs me font défaut car bien des années se sont écoulées depuis nos jeux d'ado. Elle avait vainement tenté autrefois de m'inculquer quelques bases de sa médecine, quand j'étais encore à l'époque enclin à lui consacrer la majeure partie de mes journées. « D'abord tes blessures, ensuite, ta claque, ne t'en fais pas. » Un rire étouffé m'échappe. Les yeux rivés sur ses traits, je la fixe pendant qu'elle lie cette étoffe à ma peau, un linceul dont il me sera difficile de me séparer après, je le crains. Mais j'ai beau tenter de me jouer d'elle en insistant, de l'acculer en la dévisageant, rien n'y fait. Elle reste concentrée sur ses gestes et ne semble plus me calculer. Et si les plantes me sont en grande partie inconnues, je sais néanmoins lesquelles nous sont défendues. Alors je m'hasarde à une question, un large sourire affiché sur mes traits. ₪ De la belladone? ₪

Elle a dit ne pas vouloir ma mort et pourtant, c'est un tout autre venin qui m'a été inoculé, imperceptible, inodore, et qu'elle attise à chaque minute passée à son contact. Je le sens à nouveau se propager, muter, altérer mes humeurs et m'affaiblir en un être sans doute meilleur. Son nom, que je n'ose prononcer, exhume de vieux souvenirs dans le seul but de me torturer. Il s'insinue lentement dans chacune de mes pensées et paralyse mes défenses face au danger qu'elle représente. J'ai longtemps cru que Persée en était l'antidote, mais c'est en goutant à ses lèvres pour la première fois que j'ai été infecté.
Et pourtant aujourd'hui, après des mois de sevrage, je la laisse encore me toucher et m'imprègne d'elle sans vergogne, curieux d'entrevoir ma résistance face à cette dangereuse addiction à laquelle je suis toujours un peu dépendant.

Alors quand elle finit de nouer le dernier lien et semble lever la main, je ne peux m'empêcher de réagir, voulant moi aussi la faire céder à la tentation. ₪ D’abord ta blessure, et après seulement, tu pourras me frapper. Soulève ta robe. ₪ Elle reste interdite à ma demande, à la fois hésitante et contrariée. Un geste de ma part et elle fait un pas en retrait. Alors comme pour lui montrer que je , je courbe l'échine et pose un genoux au sol, bien déterminé à lui



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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:13

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P
eu à peu mon corps tout entier se persuade que je ne peux pas lutter, que j’ai déjà perdu le combat, et que mes mains sur lui, provoquent seulement le fait qu’il est en train de s’électriser, au contact de cette peau que depuis trop longtemps, je n’ai pas touché. Je meurs et vie à la fois, c’est une des forces qu’il possède sur moi. Immesurable, incontrôlable … Et pour peu, immuable. Comme le temps impossible à être stopper, ça revient, m’échappe, me surprend. Je contrôle ma respiration, me rend folle en son nom. Je sens mes doigts trembler, bien que je voudrai rester cette Perséphone qui ne saurait être troublée, et je me vois encore comme une simple poupée. Désarticulée, abimée, Daïgan, c’est mon cœur que tu as brisé. J’ai attendu durant de longs jours, de te voir revenir vers moi, rêver, aussi, de redéfinir le mot « amour ». Mais aujourd’hui tout est différent, je ne suis plus cette enfant, et je me joue d’autres mots, omets ceux qui peuvent se relier aux sentiments, choisis les siens, ceux qui ont marqué son corps, ses mains, et dont je n’hésite plus à panser les plaies. Ou tout du moins du peu de candeur qu’il me reste, j’essaie. Je m’entends parler, je me vois relever les yeux vers ses propres prunelles, me hais toujours plus de les trouver belles, je sais que j’en serai capable, mais je m’abstiens, sachant pertinemment que je frôle le divin. Je refuse, donc, mes propres envies, me déteste d’avoir imaginé, ne serait-ce qu’une minute, le regarder. Contempler. Nous ne sommes pas ici pour nous amuser, plus le moment pour des futilités.

Et quand il m’offre son rire, je sombre dans ce doux délire. Ses iris me brûlent, je les devine, mais j’use de force pour être celle qui au léger, ne sera pas encline. « De la belladone? » Dans mon esprit mes souvenirs résonnent. C’est avec lui que j’ai passé ces années où j’avais l’impression étrange d’être à ma place dans ma vie, avec lui que j’ai cru en tout, mais surtout en rien. Et si ma haine peut paraitre terne, je la jure suprême, même si je me sais, incapable de le tuer. J’y ai pensé, je ne mentirai pas, réalisant avec stupeur que de le faire je ne gagnerai qu’à amoindrir mon propre cœur. Mais j’aime ces trois mots, la façon dont sa langue, dans sa bouche a claqué, a voulu me faire sourire, peut-être me charmer. Cependant quand je lie enfin son bandage pour la dernière fois, que je me plonge dans les prunelles bleutées de mon ancien amant, j’envisage de le claquer, vraiment. Pour ma vie, pour moi, pour ces six ans. Daïgan … « D’abord ta blessure, et après seulement, tu pourras me frapper. Soulève ta robe. » … M’arrête. Pour peu, ce sont mes jambes qui se dérobent. Lorsqu’il s’approche de moi, je recule, mon intérieur lui, se bouscule, parce que je crois n’avoir aucun autre choix. Pour ses meurtrissures j’en ai oublié que moi aussi je porte de notre course quelques blessure. J’ai pensé à lui, avant moi, et c’est évidemment, depuis toujours, le cas. Mes prunelles perdues dans les siennes, je l’observe finalement ployer devant moi, je retiens mon souffle, n’en revient pas. Un genou à terre, et mon âme en son prénom ne veut plus se taire. Mon cœur s’emballe, conscient que c’est toute sa fierté qu’il ravale. J’abaisse mon regard tout en cherchant le sien, en vain. Et je comprends que ce n’est pas le moment propice pour l’affronter, un sourire furtif glisse sur mes lèvres, tant j’entends ce qu’il ressent. J’hésite, un peu c’est vrai, puisque c’est lui, et que je ne saurai dire si je suis capable de survivre au fait qu’il se risque à nouveau à me toucher. Descendre dans cet habitacle aidée par ses mains, dire que ça me perturbait. Je me sens ridicule, c’est vrai, mais je ne saurai mentir, c’est un ridicule qui me fait rougir autant que pâlir. « J'ai vu pire je te rappelle. » En moi, mon sang bat de plus belle. Ma main encore pleine de mon cataplasme inventé, je le lui donne en essayant de me concentrer. Nos doigts se répondent, j’en oublie les secondes … Et je prie presque pour qu’on soit sur la même longueur d’onde. Même si je ne peux définir laquelle, je sais juste que je ne veux pas le quitter, mais que je ne suis pas certaine de survivre au fait qu’il en vienne à m’effleurer. Et malgré mes réticences, je m’exécute finalement en silence. Retenant mon souffle plus que de raison, je relève le tissu lentement. Peut-être trop, peut-être pas, mon geste est ralenti en tous les cas. Quand je me découvre assez, comme il se doit, pour qu’il puisse apposer sur moi les feuillages mourants destinés à me sauver, je ferme les paupières et défaille. Là, juste là … C’est mon corps tout entier qui déraille.


Je parviens tant bien que mal à contenir mes frissons quand je sens les feuilles se poser sur ma peau, me mord la lèvre inférieure en signe de douleur, retiens un gémissement, ne veut pas passer pour plus faible que lui. Comme si nous étions encore en train de nous battre, ici. Et lorsqu’il s’attarde sur mon cas, je réalise bien vite que mon seul destin est de périr à cause de cela. J’ai brisé mes ailes, le jour où je suis tombée amoureuse de toi. Tout en moi semble chamboulé, ne parvient plus à fonctionner, je perds tous mes moyens, puisque à eux je préfère de loin, les siens. Quand je n’arrive plus à savoir ce qu’il est en train de faire, qu’il ne reste que dans mes pensées des instants à deux partagés, je rouvre les paupières, m’arme d’une force dont je ne me pensais pas détentrice afin de stopper mon supplice. Mes mains vont se poser sur ses larges épaules, et j’attends de lui qu’il relève la tête au moment même où je prononce « Arrêtes. »

De me prouver, que jamais je ne t’ai oublié.

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:14



E
lle me fait grâce de cette faveur et mon regard l'assaille, détaille ce voile qui s'envole avec une telle douceur que j'en éprouve un profond malaise, un oppressant tourment, un poids mort qui m'oblitère sournoisement l'abdomen. De part le passé, ce geste ne me laissait guère indifférent alors, après maintes années abstinence, que dire maintenant... Silencieusement je dégluti mon mal-être et ne pense plus qu'à cette jambe se dévoilant à nue sous mes yeux gourmands, nourrissant l'obséquieux désir de la reconquérir puisqu'elle n'est plus mienne à présent. Avec une tendresse délibérée que je ne me reconnais, mes paumes viennent s'apposer dans une première caresse hésitante et s'enflamment au contact de sa peau, remontent et effleurent la perfection de son galbe et mesure, impuissant, ma propre déchéance. Je résiste au désir de l'explorer, mais mon geste attise petit à petit un besoin réprimé, et progressivement...baisse les armes et me laisse charmer. J'accuse l'envie de retracer quelques lignes d'une histoire passée, d'un chapitre clos émargé de nos querelles, et de m'égarer un peu plus loin un peu plus haut vers cette perle de chair. Mais mon aspiration s'effrite lorsque je la sens sous mes doigts crispée et hésite, recouvre finalement la raison. Lorsque j'examine sa blessure avec retenue, je stigmatise de mes doigts les zones empourprées et signe d'une simple caresse chaque parcelle d'elle se trouvant être abimée. Puis d'un mouvement las, les plaies sont murées une à une des feuilles qu'elle m'a confiées, et j'en condamne ainsi les peines et les douleurs de ce linceul, de cette preuve d'affection que je souhaite à jamais sur son derme tatoué.

Et bien que mes doigts se détachent de ce lien, mes paumes quant à elles s'éternisent sur l'objet de mon désir tandis qu'elle expire dans un soupir une unique supplique et laisse choir l'étoffe, ses mains venant se plaquer de part et d'autre sur mon corps. « Arrêtes. » Tes lèvres se sont faites prudentes mais ne t'inquiètes pas, j'en ai clairement saisi le sens, en ai défini avec satisfaction la complainte. Alors quand je finis par croiser son regard, ses yeux comme les miens s'éveillent à un sauvage dessein, celui d'assouvir le plus primitif des besoins de nos esprits reptiliens. Ses mains fermement campées sur mon corps exercent sans le vouloir une douce contrainte tandis que je me redresse, et régresse à l'état du prédateur qui rode et attend son heure, prêt à déchainer sa fureur contre les remparts de son cœur. Une enceinte que j'ai jadis, de part mes colères et mes faussetés, érigée et dont j'éprouverais , quitte à te détruire pierre après pierre, la solidité.
Après un temps d'arrêt, j'effleure finalement ses lèvres des miennes, marquant avec profondeur mon attachement et soupire une vérité plus qu'évidente. ₪ Ça manquait cruellement de conviction ₪ Mon front vient se presser tendrement contre sa tempe et lui murmure, lui jure que je ne veux qu'elle dorénavant. Mes doigts courent alors sur son épaule et échancrent l'étoffe, accompagnent la totalité du textile jusqu'à la courbure de ses hanches pendant que ma bouche glisse inlassablement le long de son cou, mesure sur cette gorge offerte les palpitations exaltées de son pouls. La robe tombe à terre dans un bruit feutré et je la contemple sournoisement, gisant à nos pieds.


Très vite, c'est sa main qui vient s'abattre sur ma joue en un contact ardent, une vive douleur exacerbant mes sens, parachevant mon avilissement. Instantanément, l'un de mes traits de caractère me submerge et dévisage cette offense avec une avidité saisissante. Persée a toujours su obtenir de moi ce coté à demi-maitrisé de sauvagerie, un aspect de ma nature profonde dont elle aimait se jouer à certains moments de notre intimité. Et répondant inconsciemment à sa demande, le souffle irrégulier, je lui dévoile encore une fois cette facette de ma personnalité. Pour lui couper toute retraite face à ma détermination, mes paumes viennent frapper la taule juste derrière elle et je reste là à la contempler, bras tendus l'encadrant, enterrant encore un peu plus mon humanité, le poids de mon corps lui interdisant tout mouvement. C'est une mise en garde, une tentative d'intimidation dont elle semble se repaitre. Ses yeux... son regard....laissent transparaitre un état bien loin de la sujétion parfaite, qui ne répond à aucune de mes exigences muettes.
Soit. Je serais ce bourreau auquel tu t'attends.
Alors je l'attire contre moi et l'embrasse sauvagement, lui meurtri ses lèvres, faisant abstraction de ce léger pincement qu'elle exerce sur les miennes avec ses dents. Une saveur ferreuse se mêle à nos jeux sanglants et mon étreinte se relâche d'elle même lorsque ma main, sillonnant la cambrure de ses reins, parvient à la lisière du dernier obstacle se dressant contre ma concupiscence. Mes doigts se glissent sous l'étoffe, pressant mon bassin contre le sien afin qu'elle n'ignore rien de mon excitation, ni de la nature de mes intentions.


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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:14



D
urant les quelques secondes qu’il laisse délibérément défiler avant de relever son regard vers moi, je m’en veux d’avoir prononcé cela, de me retrouver faible encore une fois. Bien loin d’être digne de l’athna qu’on essaie de me faire devenir depuis des années déjà. Mais le problème se trouve ici, peu importe le poids des années au sein de ma communauté, je porte encore sur mes épaules celui que m’ont laissées celles passées à ses côtés. Et les souvenirs parviennent à mon esprit en bataille, ayant pourtant défié mes envies des centaines de fois pour en oublier les détails. Mon rythme cardiaque tend à s’accélérer quand il se redresse devant moi, se permet d’être plus proche qu’il n’a pu l’être depuis tout ce temps, et même si j’ai l’impression de le voir géant, je ne perds pas une once de ma candeur, puisqu’ici je me sais en train de me battre pour la survie de mon cœur, pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs. Je me rappelle chacune de ses caresses, chacune de nos querelles, et malgré cela, mon souffle me trahit, puisque c’est mon corps tout entier qui l’appelle.

Je le défi du regard, mais le sien s’abaisse déjà. De l’intérieur j’implose, parce que je ne saurai dire si à notre union je pourrai sen ressortir indemne, subissant ce tendre dilemme. Ses lèvres caressant les miennes, brûlant ma peau, faisant ressortir chaque brin possible de mes maux. « Ça manquait cruellement de conviction » Lui aussi a donc cette impression. Pour peu, je nous sens complice alors que l’idée bourdonne dans mes tympans, mais le fait est que c’est presque comme avant. Lorsque son visage s’approche du mien, le cajole comme j’ai toujours apprécié qu’il le fasse, le désire, et de part tous les moyens m’embrase, j’humidifie longuement mes lèvres, que je mords un peu, clos mes yeux, prie encore et encore les dieux, je me retiens pour nous deux. Le contact douloureux, lascif, de ses doigts sur moi me force à sombrer délicatement dans cette folie qui ne portait son prénom, depuis quelques mois, les nuits, quand bien des fois j’aurai voulu qu’il soit là. Qu’il me comble au lieu que ce soit moi. Aliénation qui ne peut désormais se décrire qu’avec les mots désirs et envies. Ma fébrilité m’agace, mais lorsque j’entends et vois ma robe se déchirer parce qu’il l’a décidé, la tentation n’en reste que fugace. Je frissonne et jure que ce n’est pas sa faute, mens si bien que je pourrai y croire. Et ni ses baisers ni quoi que ce soit pourra me convaincre ou me faire flancher de son côté. Je perds espoir.


Ma main vient alors claquer contre sa joue quand ma peau s’en vient à être dénudée. J’en ai fini d’être sa poupée. Je ne peux retenir, sur mes lèvres un fin sourire, inconsciemment, j’en suis sure, je délire. En proie complète à la divagation, et ne pouvant que me blâmer personnellement, puisque j’en connais la raison. Alors que je me voudrai en colère, je réalise que je suis pleine de sentiments contraires. A défaut d’être pleine grâce à lui, réalisant que c’est surement la première de mes envies. Je m’en veux, je ne peux le nier, sauf qu’en découvrant cette flamme dans ses yeux, je ne peux me défaire de l’évidence qui est que c’est lui que je veux. Maintenant, urgemment. Bien que je suis consciente de ce dont je ressens le besoin, je me garde de le lui signifier, parce que je l’ai aimé autant que je le hais, j’en mourrai de le laisser m’avoir sans avoir pu ne serait-ce qu’une seconde me venger. Ses poings claquent contre la paroi, m’arrache un sursaut, et de ma respiration, une accélération. Gardant mon calme tant bien que mal j’attends, condamnant à mesure du temps qui passe les instants où il n’est pas encore en moi.

Je ne saurai pas définir si c’est lui qui m’attire à lui, ou bien l’inverse, mais en tous les cas, ses lèvres retrouvent les miennes pour une toute autre sorte d’effleurement cette fois. Quand son baiser se veut sauvage, je rends le mien carnassier. Quand il se veut dirigeant, contre lui, je me défends. Et quand ses mains se posent sur moi, m’approchent de lui et m’indiquent que ses besoins sont jumelés aux miens … Je me perds, indéniablement, à cause de lui, je me noie, non, à cause de moi. Avant lui, avant ce soir, je n’aurai jamais pu imaginer qu’à un être humain j’aurai pu autant en vouloir. Et j’agis sans me contrôler, savourant ses lèvres dans une nouvelle danse, sa langue et ce que je connais d’elle comme une délivrance. Mes paumes contres ses épaules retrouvent leur chemin, et mes ongles s’enfoncent dans sa peau, je m’agrippe à lui, choisi de faire naufrage sur son radeau. Nos corps s’entrechoquent, se veulent et se répondent. S’apprivoisent, encore une fois, sans pouvoir définir qui de nous deux est la proie.

L’appétence que je ressens ne semble pas vouloir se stopper, comme si fallait que je rattrape toutes ces années. Que j’en vienne enfin à être, de lui et par lui, rassasiée. Alors mes doigts glissent sur lui, finalement, descendent contre son torse, s’aventurent sous son vêtement. L’invitent à se dénuder à son tour, pour qu’on soit sur un pied d’égalité, pour que de lui je puisse me délecter. Je le jauge du regard, un instant, comme il l’a fait avec moi et ma robe qui git non loin de là, piteuse spectatrice de l’aveu de tous mes tourments. De mon honneur il en est le tyran, et pourtant … Mes lèvres usent de parcimonie pour s’appose sur chacun des traits que sur lui il peut y avoir de dessiné. Mes dents le mordent un peu par moment, et l’une de mes mains elle épouse son corps pour aller découvrir son désir grandissant. Caresse et attise, lentement, va et vient, s’amuse et attend. Avant d’arrêter, lâchement. C’est ma langue qui le retrouve, qui s’infiltre entre ses lèvres, vipère, rapide, avant de lui dire, austère. « Je n’en veux pas, désolée. » Et je peux certifier qu’au son de ma voix, mon mensonge pourrait sonner vrai. Le problème, c’est qu’à l’instar des autres, lui me connait, il saura me deviner. Il saura que tout ce que je veux lui dire réellement c’est « Prends-moi. », juste ça.

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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:14

S
es ongles lacérant ma peau me prouvent de la plus douloureuse façon qu'il ne s'agit pas d'un fantasme rêvé. Ou si c'est le cas, alors surtout, laissez moi délirer. Elle accapare toute mon attention dans un corps à corps insatiable, mes mains ne sachant où s'ancrer, s'attardant sur chaque parcelle, chaque centimètre carré avec avidité. Sa langue, vorace, accuse le poids de ses pensées, se plie puis se rebelle à ma volonté. J'en ressens à peine la douleur lorsque mes reins viennent percuter une pièce métallique qui m'arrache un grondement de douleur, toujours épanché à ses lèvres. La brulure s'étiole sous le poids du désir qui m'habite et m'anime, dur comme fer, trop fébrile pour être conscient de la scène. Chacune de ses avances ravive d'un souffle brûlant le brasier d'une histoire que j'ai moi même incendiée et balaye les cendres consumées de mes erreurs passées. Ses lèvres sucrées dont j'aspire le nectar m'enivrent d'une drogue dure qu'elles ne me prodiguent qu'en très faible quantité, me rendant complètement dépendant de ses baisers. Une pale fraicheur vient se glisser sous mes vêtements et j'en observe, curieux, le jeu, cherchant encore sa bouche qu'elle me refuse, qu'elle défend contre mes assauts, refusant de répondre à mes attentes. Ses doigts se font insistants, creusant les reliefs dans une remontée vertigineuse, caressant mes sens, exalté de la ressentir si inspirée, tellement consentante. Je m'exécute alors avec fierté, ôte mes vêtements et lui offre une vision que peu d'hommes peuvent égaler, la laisse m'étudier, possédé par cette étrange sensation de n'être qu'un objet dont elle pourrait à tout moment se détourner. Quelques cicatrices de plus ornent à présent ce corps qu'elle a jadis parcouru, sans compter la prise de masse peu négligeable. Mes yeux se détournent alors d'elle, conscient de pouvoir lui déplaire puisque je ne suis plus réellement celui qu'elle a connu.

Les secondes s'égrènent avec une infinie douceur, le temps jouant contre moi qui médite tout en la sondant à la faible lueur du clair de lune. Puis elle se rapproche et m'embrasse, me déleste de ce doute et s'aventure - pour ma plus grande satisfaction - un peu plus en contre-bas. Le premier contact m'arrache un grognement, détaillant sa main courir le long de mon sexe érigé en de multiples caresses charnelles qui me font perdre pied. Mon esprit se dissipe, se disperse et toute pensée matérialiste m'indiffère à présent qu'elle prend possession d'un territoire autrefois sien. Puis cessent ses douces flatteries en un baiser sec et véloce avant de me dire aussi sereinement que possible: « Je n’en veux pas, désolée.» Tout d'abord frustré, ses mots m'éveillent à un sentiment singulier: l'hésitation. Je n'y vois pas un rejet, loin de là, non. Mais une contrainte à laquelle il faudra me plier si je veux obtenir d'elle qu'elle me gratifie à nouveau de ses caresses enjôleuses. Pour le moment, je n'ai qu'une idée en tête: vérifier qu'il ne s'agisse pas d'une vengeance personnelle à laquelle elle se prête et l'accule à nouveau brutalement contre la paroi, ses poignets liés dans ma paume au dessus d'elle contre l'acier, me laissant le champ libre pour l'étudier. Je me penche alors sur elle et lui murmure, poussé par l'orgueil ₪ Laisse moi en juger. ₪ .

Soutenant son regard, ma main libre explore ses courbes et viole les frontières de son atoll, douce intrusion qui effleure du bout des doigts ses lèvres pour y découvrir l'humide tiédeur. Elle est déjà prête à m'accueillir mais son mensonge se révèle dictateur de mes envies, encore un stratagème pour me rendre esclave de ses caprices. Mon geste l'a faite sournoisement sourire et comme je la sens complice, alors surgit à nos commissures un appétit de luxure. Après quelques secondes, je capitule finalement et me glisse à l'instant propice entre ses cuisses, sillonnant et baisant sa peau dans ma chute, mes doigts entrainant la dernière pièce d'étoffe dissimulant la zone convoitée, ainsi que le bandage que j'avais confectionné. Le voile glisse à ses pieds mais il n'est plus désormais l'objet de mes pensées. Non. Je suis à présent à la recherche d'un bouton de fleur, rare et sauvage, qu'il me faut apprivoiser. Alors je me fourvoie entre ses jambes, exerce une délicate pression sur l'œillet couleur chair et m'enivre des frissons que ma bouche lui procure, mes mains palpant amoureusement les rondeurs de la femme qu'elle est devenue, gouttant le fruit jusqu'au défendu. Avec plaisir, je la sens qui ondule, se cambre et complique - taquine - mon besoin de la combler. Une extase qu'elle évoque sans que cela me choque en vers et en prose quand ma langue change de pose. Et voici que je sens sa main dans mes cheveux se crisper, m'imposant de continuer alors que ses plaintes osent prétendre le contraire. Mais aucun répit ne lui sera accordé. Arrogant, je poursuis et lape de plus en plus doucement et tendrement son plaisir dont j'ai la prétention de me croire l'auteur.

Puis comme elle et sa lâcheté, je délaisse ce jardin des délices pour mordre une dernière fois l'intérieur de sa cuisse, effaçant par une légère douleur tout le plaisir que j'ai pu lui donner. Lucide à présent, j'estime qu'elle a eu ce qu'elle voulait de moi. Il est temps à mon tour de l'entendre chanter ses pensées les plus débridées, qu'elle me montre enfin ce qu'elle n'ose s'avouer. Me redressant, j'en agrippe le poignet et la force à se retourner, la fait se cambrer contre moi, ma main sur sa gorge et lui souffle de mes lèvres effleurant son oreille quand mon sexe vient effleurer les siennes à la limite de l'obscène dans un va et vient léger, tout ceci dans l'unique but de la frustrer. ₪ Ose maintenant le répéter ₪

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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:14

M
a respiration, comme la sienne, bat le rythme dans lequel nous sommes doucement en train de nous enfermer. Cadence qui me ramène encore et toujours vers ce moment où il sonnera le glas, avec ardeur et douceur m’achèvera. J’appréhende, et attend, le veux, tellement. Mon mensonge laisse encore à ma bouche un gout d’inachevé quand je retiens mes mains de retourner le chercher. Je créer mon propre supplice et mon corps, d’envie, se tord. Mes prunelles cherchent les siennes pour le défier, lui montrer que je ne me plierai pas à ses volontés, bien que les miennes paraissent de plus en plus compliquées à contrôler. Je devrai le haïr, ou bien de toutes mes forces tenter de m’enfuir, acculer sa peau de coups bien placés, essayer de l’affaiblir, de me venger, pour tout ce temps durant lequel il m’a abandonné. Pour toutes ces nuits et jours que j’ai dû passer esseulée. Mais j’ai en bouche le gout de ses lèvres, sur ma chair, l’empreinte de ses mains, et ce désir divin de le vouloir en moi, au creux de mes reins. Alors je rends les armes et abandonne quand sur moi s’abat à nouveau son côté féroce. D’une main il me retient, m’arrache un soupir de surprise, un gémissement à demi audible, me prouvant à moi-même avec lassitude que de notre corps à corps ne résulte en moi qu’un sentiment de plénitude. Et même si je me sais capable de me détourner de lui, je me laisse guider, emplie de souhait contraire, soucieuse de n’écouter, que le côté bestial, caché depuis des mois, un brin animal, de nos jeux d’enfants devenant finalement des amants.

C’est le manque qui me convainc en premier, le manque de l’avoir à moi, mon besoin de le savoir totalement dévoué, ou peut-être est-ce l’inverse, je ne saurai le définir, et dans le fond, ne trouve aucune logique à en chercher une raison. ₪ Laisse moi en juger. ₪ Une promesse qu’il me demande si bien que je suis au bord du gouffre à l’idée de le supplier de le faire, de céder à mes désirs tout en pensant qu’il en est l’instigateur, alors que je jure qu’il est maitre de mon honneur. Ses iris se plongent dans les miens, et malgré les frissons, son regard, je le soutiens. Sa main part alors à l’aventure, explore mon corps, et s’arrête juste où je l’attendais, provoque ma langue passant sur mes lèvres et espérant retrouver la sienne, avant que la torture devienne suprême. Indépendant de mes exigences, un sourire vint prendre place au coin de ma bouche, me préférant fourbe plutôt que douce. Cependant dans mon caprice de le voir s’énerver, je ne prévois en rien la suite de ses gestes, et je trésaille quand chacun de ses baisers sur ma peau me met un peu plus en pagaille. Il libère certes mes mains, mais me rends prisonnière par toutes les brûlures que m’impose le contact de ses lèvres. Dénudée parce qu’il le décide, parce que je le réclame, j’accueille – impatiente – ce qu’il veut bien me donner, me délecte de chaque frisson, sensation, et sais que je ne suis plus détentrice de la moindre de mes émotions. Quand j’essaie de l’arrêter en paroles imperceptibles, mon être tout entier lui murmure des « encore » invisibles. Se cambre et répond à la moindres de ses intentions. Je ploie face à lui, me laisse enivrer par ce que je ressens, emportée sur le chemin du bien qu’il sait une nouvelle fois me dévoiler. Caressant mon visage pour contenir mon ressenti, m’empêcher de lui avouer que de ma vie il est le seul à savoir cajoler de cette façon mes envies. Défaillant un peu plus à chaque instant, me noyant, par cette vague qu’il provoque et ne veux arrêter, malgré ma haine je ne peux, à la vérité, lui intimer. Sombrerai surement s’il le faisait vraiment. Et je déteste de tout mon cœur le fait que je me laisse aussi facilement entrainer dans le flot de mes anciennes erreurs. Il est le synonyme parfait de toutes mes peurs, et bien que je le sache au plus profond de moi, je me laisse guider parce que je refuse l’idée que ses lèvres et sa langue s’éloignent de moi. Une de mes mains va même se perdre sur lui, dans son cuir chevelu que je torture et incite à battre plus vite la mesure. Je me délecte et apprécie le moindre détour, le fait que de ma jouissance il détient la clef. Néanmoins je saisis bien trop tard le fait que j’ai omis le plus tendre des détails, nous sommes au milieu d’une bataille et au lieu de m’accorder ce que je désire, à s’arrêter, il prend un malin plaisir.

Mon esprit empli d’une certaine lasciveté tend à ne pas vouloir revenir dans notre réalité, pleine de convulsions et frissons résistants, frustrée dans toute ma volupté, c’est sans penser au fait que ses dents trouvent une place dans l’intérieur de ma cuisse, m’arrache un grognement, je grince des dents, redescends sur terre dans le même instant. Il réanime ma haine, me rappelle que nous ne sommes plus les mêmes personnes qu’avant, j’envisage de le frapper, de lui faire mal comme cette sensation de piquant. Mais le problème n’est pas mon désir de me venger, non, c’est que du début à la fin, son amusement, je l’ai apprécié, et un sourire nait sur mes fichues lèvres qui ne rêvent à présent que de lui rendre la pareille, consciente que je ne pourrai pas, car déjà il me retourne et me force à me trouver dos à lui, docile, mes mains sur plaquent contre la paroi, mon corps se colle au sien, s’ajuste à sa hauteur, se meurt mon cœur. Dominée de cette main qui menace ma gorge, je me sens comme une droguée sevrée depuis trop de temps, le jeu et l’envie n’en résultent qu’encore plus grandissants. Quand de son intimité il taquine la mienne, effleure et caresse, de mon appétit rien ne régresse. ₪ Ose maintenant le répéter ₪ Un rire mesquin et cynique s’échappe de ma bouche et vers lui mon visage s’incline. Une de mes mains lâche la paroi, attrape à mon tour son cou pour lui arracher un énième baiser, sauvage et passionné. Virtuose dans l’art de l’attiser. Avide d’être par lui possédée. Atteindre le point de non-retour, imploser en toute sensualité. Et à l’instar de ce que j’ai pu lui dire à haute voix, contre lui mes mouvements se font presque implorants. Désireuse d’être prise par son désir croissant.

Je me laisse le droit, quelques secondes, de le faire patienter avant d’agir ou de lui dire quoi que ce soit, narguant juste son regard du mien, en mordant mes lèvres au moment opportun. Contrôlant mon souffle aussi bien que je le peux, laissant mon échine ne pas trop s’abaisser. Mes doigts lâchent doucement sa nuque et je me donne le droit de le griffer cette fois à ce niveau là avant de suivre à l’aveugle son corps que dans les méandres les plus fous de mon entendement, j’adore. Aussi je m’accroche à lui, le fait sur son séant, quand je m’incline un peu plus au même moment, laisse défiler le temps, décortique volontairement chacun de mes mouvements. Je le lâche pour aller le trouver ailleurs, déterminée à l’avoir mais surtout à me donner. Je le guide alors, et espère qu’il ne résistera pas au moment où de mes doigts je l’aide à entrer en moi. Sciant et inattendu, le premier à-coup force mon hérésie à frôler son apogée, ma respiration s’en vient à être transformée, j’étouffe un cri contre mon propre bras, m’en veux de ressentir autant de bien que cela. Me hais de me dire que je me galvanise de nous savoir dans cette position-là. J’attrape une de ses mains entrelace nos doigts, en les ramenant contre le métal qui reste le seul témoin de cette union que je disais ne pas vouloir. Et j’ai du mal à ne pas voir mes idées se teinter de noir, puisque je m’amourache de chaque va et de chaque vient en moi. Les secondes défilent, les instants s’effilochent, et j’oublie presque ce que j’avais en tête, me sens faible et amoindris, pourtant j’avoue avoir toujours préféré lorsque nous sommes qu’un à deux. Lorsqu’on s’imbrique et que le temps semble s’être arrêté par la volonté des dieux. Exultant un nouveau gémissement, je reprends le contrôle aussi bien que je le peux, plantant de toutes mes forces, mon coude aux creux de son flan. Il se retire de moi, ou je le fais, je ne sais pas, mon esprit embué par le plaisir et la complaisance, je me retourne lui fais face et arrive à articuler. « J’ose. »

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Michelangelo
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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:15


S
on rire insolent est délivreur d'un message que j'attends depuis que j'ai transgressé les frontières de son intimité. Elle accepte les caresses procurées, prémices d'actes que je lui promets beaucoup plus violents et me retrouve - plus que réceptif - en un nouveau baiser, plus farouche que ceux déjà échangés. Son geste est une invitation suggestive, un appel au viol, une agression à laquelle elle consent de son plein gré lorsque de ses ongles elle m'agrippe par le cou. Nos regard s'échangent le temps de me remettre du mets auquel je viens de gouter puis une soudaine brulure me fait gronder de plaisir puisque de ses doigts, dans un mouvement lascif, elle vient sur ma nuque d'apposer sa griffe.

Puis insidieusement, je la sens se courber, s'offrir à moi tandis qu'elle s'incline et m'incite en une empoignade à m'imprégner d'elle. J'en ferme les yeux et savoure le moment présent, renonçant encore à la prendre séance tenant. Ce n'est que lorsque ses doigts courent à nouveau sur l'expression dressée de mes désirs et la guide aux portes d'innombrables plaisirs que, sulfureux à l'idée de la déflorer après toutes ces années, j'enfonce d'un coup sec ses dernières défenses, lui arrachant par la même occasion une légère clameur qu'elle s'empresse de camoufler. Le mien, quant à lui, ne sera pas dissimulé. Dès lors, mon souffle s'accélère un peu, le plaisir doux et intense, une impression de relâchement et d'excitation mélangée lorsque mon corps pénètre le sien. Capiteuse sensation de puissance qui exalte mes sens, douce tiédeur qui oppresse mon sexe durant son œuvre, j'en perds toute lucidité et plus rien hormis Perséphone n'a d'importance, seuls comptent mon ressentit ainsi que le sien. Sa main vient quérir la mienne et m'invite à la déposer contre l'acier, nos doigts s'entrelaçant de plus belle à chaque coup donné. Mon autre paume délaisse son cou pour se perdre sur l'un des deux monts ornant la plus belle des gorges qu'il m'ait été donné d'admirer, poitrine voluptueuse, dont le bouton de chair aux multiples couleurs selon l'humeur se dresse sous ma caresse.

Mais le plaisir n'aura été que de courte durée, ma partenaire préférant de nouveau me renier d'un coup dans le flanc, me jugeant sans doute indigne de la profaner. Elle se retourne, me dévisage de ses yeux amusés et répond à une question qui n'est plus d'actualité. « J'ose » Ne connaissant plus de retenue, ma main happe son bras et lui souffle irrité par son acte qu'il est inutile de résister à présent qu'elle s'est déjà donnée. Ne mesurant pas ma force, je la fais plier volontairement, la force à se mettre à genoux, les deux mains rivées au sol. Mon regard, sombre et sournois, se délecte de cette douce chair qui s'étend des profondeurs de ses fesses aux vallons légers de ses genoux. Et dans le même instant, agressif, je viens m'épancher contre sa croupe, empoigne ses hanches à la peau d'albâtre quand d'un mouvement sec elle se retourne et me tient en respect d'un pied plaqué sur mon torse, m'interdisant tout accès à son estuaire. Muscles bandés, mes gestes se font vifs et intrusifs puisqu'elle se veut dissipée, peu disposée à se laisser dresser. D'une main sur sa jambe, mes doigts s'entrelacent autour de sa cheville et repousse le danger, le galbe de son mollet à présent déporté sur mon épaule. Je n'en démords pas, voulant abuser d'elle, la posséder et retrouve le chemin me menant à l'apogée, la pilonne avec ardeur sans la moindre douceur tandis qu'elle se fait curieusement plus émotive. Caressant d'un pouce l'amande de sa jouissance nerveuse, je progresse dans son désir, dans ses flancs au rythme des ondulations langoureuses de son ventre, de ses hanches qui tanguent comme un radeau à la dérive sur une mer démontée, sur les flots ardents de mes envies à l'entendre crier en guise de dernière volonté. Je la livre aux heures, à l’érosion, à la fatigue, à l’usure… Peut-être aux larmes… Complètement dépossédés lorsque nous nous unissons en de brèves plaintes syncopées. Me sentant proche de l'extase, j'en freine mes ardeurs pour sublimer mon plaisir et m'écroule sur elle tandis qu'elle me ceinture fermement de ses cuisses... toujours en vie.

Ma sauvagerie se meurt au creux de son cou, au contact du parfum de sa peau - suave et épicé, un envol de subtilité -, recherchant la chaleur des mots qu'elle me murmure entre deux soupirs, entre deux assauts et la sens me caresser là où ses ongles se sont fait ressentir, contact brulant qui soulage et attise. Mes lèvres viennent se planter sur les siennes quand ma main vient épouser les contours fuselés de sa jambe galbée sur mes reins, reprenant peu à peu lascivement le rythme effréné de notre danse, replongeant dans cette transe.
Puis l'envie me ronge d'être à mon tour son désavoué, de me voir imposer ses ordres silencieux, qu'elle me réprimande pour mes écarts tortueux et que je puisse être enfin pardonné à ses yeux. Ne plus me voir barbare en son regard, laisser tomber les apparences pour à ses côtés, redevenir celui que j'ai toujours été, l'affectueux sauvage qu'elle a jadis aimé. Mes mouvements se figent d'eux même, et lui souffle tandis que je bascule sur le flanc, animé d'un vil sourire. ₪ Viens sur moi ₪

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MessageSujet: Re: Shit Happens Mer 22 Juil - 3:15

A
ux murmures que me chantent son regard, je réalise que la seule réponse que je pourrais leur donner est d’une pure simplicité, son prénom en guise d’apogée, afin d’arrêter le temps, un indéniable « Daïgan. » Maitre invétéré de toutes mes envies, mais aussi et toujours de ma réalité. Quand il attrape mon poignet, me reviennent en tête nos journée d’été, nos moments partagés, cet amour si grand qui a défié tout ce qui en moi pouvait guider mes pas, mon monde d’Athna. Puis sa présence dans son absence, indéniablement. A chaque fois, je jure qu’il était là. Dans chaque fleur, dans ma candeur, synonyme muet de ce que les gens peuvent appeler le bonheur. Lorsqu’il force mon corps à s’abaisser, se soumettre et s’avilir, m’assaillent ses années durant lesquelles a pris naissance mon errance. Nos querelles et ce qui faisait que la vie, tout à coup, était moins belle. Et mon corps heurte le sol, se laisse dompter, prête à nouveau à perde toute forme de dignité, fait face à mes sentiments, au summum du dégradant, je ploie sous sa force, guidée par ses désirs que je sais à présent féroces. Déshonorée par son être qui vient recouvrir le mien, j’ai un élan de lucidité soudain, à défaut d’être la femme qui lui convient, je refuse de devenir sa putain. De ce fait j’use de rapidité afin de me retourner et de tout mettre en œuvre pour le bloquer, ne plus lui laisser le choix, d’être ce chien qui se contentera de se vider en moi, lui prouver que je suis bien loin d’être une poupée se pliant au grès de ses plus viles volontés. Le sérieux de mon attitude se retrouve entaché par ce sourire mesquin que de sur mes lèvres je ne peux retirer, me jouant de son ardeur, et de ce qui de l’intérieur dévore mon corps. Nos jeux d’amants font battre mon sang, et je me contente de soupirer quand de sa main il décale mon pied. Dépose ma jambe contre son épaule, me prépare à ce que tous mes sens s’étiolent. Je sais ce qui m’attend, l’espère sincèrement quand je mords ma lèvre de mes dents. Il revient en moi, m’emplie de lui et me contente violemment, comme je déchante ardemment. Et j’entretiens amoureusement la véhémence de notre union, de mes cuisses qui l’enserrent, de mon être qu’il lacère.

Il viole mon âme, s’encre en moi, de manière indélébile, me dépouille de chaque infime partie de moi, dictateur du moindre de mes désirs, il me conduit avec ferveur sur le chemin de cette ivresse que lui seul a su me donner de cette façon-là. Il est différent des autres, immuable, je le crois. Je me brise en plusieurs morceaux, m’éparpille partout autour de nous, quand il le fait un peu plus en moi, provoque des frissons, caresses et comprend, non, connait. Il sait comment me faire sombrer, une vérité qui se traduit par cette appétence qui ne veut réduire, et je réalise que je ne fuie plus ce délire. Entre gémissements et soupirs, mélange savant de morsures et plaisirs, je n’ai de cesse de défaillir, d’oublier la peur de souffrir, ne garde en mémoire que le rythme qu’il nous impose, un tempo en plein decrescendo, et promets qu’il est le plus doux des bourreaux. Mes iris explosés par l’exaltation et l’attente cherchent les siens lorsqu’il se permet une tendresse dont j’admets le manque qu’à présent, à demi-mot, à demi voix, muette par mon souffle accéléré, accrochée à lui comme le ferait une naufrager. Je jure que je suis en train de dérivée, et qu’il est ce seul moyen de me sauver. Son visage se perd dans mes cheveux, et toujours en moi, il me fait omettre chaque jeu, oublier nos dieux, mes mains glissent finalement sur les courbes de sa personne, et lui susurrent que je suis à jamais sa Perséphone. Dans chaque caresse, tous mes interdits, je transgresse, dans chaque baiser, je me sens en train de me noyer, de vivre et mourir à la fois. Hérésie du cœur que je ne contrôle pas.

Accrochée à ses lèvres, je me laisse une nouvelle fois emportée par tous les sentiments que je peux ressentir pour lui, cette affection que j’ai tenté de refoulé, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à demain, dont je ne veux plus jamais connaitre la fin. Et mes doigts s’enfoncent dans sa peau, quand les siens parcourent la mienne le long de ma jambe, redéfinit notre cadence, réinvente la luxure, me possède à l’usure. Au paroxysme de l’érotisme, envoutée par mes murmures et cris étouffés je me laisse prendre encore et encore, consciente que l’envie de l’être toujours plus me dévore. Puis ses mouvements ses taisent quand ma voix finalement se perd, ses prunelles étincelles retrouvent mon regard, je me refuse à l’idée de perdre ne serait-ce qu’une seule seconde l’intensité du sien, m’y suspend, comme au moindre de ses mouvements. Sur ses lèvres traverse un sourire, et je mords les miennes, me délecte et quand il rend mon être vide du sien, le désire plus que les croyants veulent le divin. « Viens sur moi » Dépendante, toutes mes terminaisons nerveuses se tendent vers lui, je suis happée, tirée, aimantée par son corps que le mien réclame encore. Et à sa question j’envisage de répondre « Est-ce que j’ai réellement le choix ? » Mutine, je lui souris, taquine, je m’assois sur lui, ne lui permettant pas encore, ou plutôt de nouveau, de forcer les portes de ma forteresse, mon jardin secret. Je nous abandonne aux caresses, au calme et au sensuel, trouvant ses lèvres, son corps, sa peau, de plus en plus beaux. Nos intimités se heurtent et s’entrechoquent, dans une danse lascive qu’il est à mon tour de réinventer, mes mains effleurent son torse et ses courbes, redécouvrent avec délicatesse le chemin muet de l’ivresse. Ondulant sur une mélodie inventée au-dessus de lui, je l’invite à m’étreindre, de mes hanches à mes seins, laisse le plaisir de jouer à ses mains.

Quand j’estime avoir trop attendu, quand je me suis trop rendue dingue par son absence en mon intérieur, quand à la vérité je réalise que je suis toujours accrochée, que je l’aime bien plus que ce que je peux le détester, je clos les paupières afin de l’avoir, de me sentir possédée, je fais alors en sorte de le retrouver, et me laisse surprendre par un soupir presque bruyant lorsqu’il se fraie un chemin en moi, à répétition baise et prend, reflétant le plaisir que dans l’instant je ressens, et ma voix incontrôlée murmure un énième « Daïgan … » Je brûle de tous les pores, de chaque parties de mon corps, qui l’appelle encore, me consume, incandescente, d’amour et désir, nous invente cet univers qui jamais ne saurait être comme le nôtre austère. J’épanche ma soif de lui de nombreuses fois sur ses lèvres, son cou ou bien son torse, peu importe l’endroit, tant que j’impose à son corps mille et une tortures, pour toutes ces années où il a cru bonne l’idée de me quitter. Parfois rapide, parfois lent, teintés de spasmes j’ai de plus en plus de mal à donner le bon rythme à mes mouvements. Ne contrôle plus rien, jusqu’à mon baptême que j’oublie en faveur du sien. Je ne sais plus réellement ce que j’avais en tête, et dans un autre gémissement, je me redresse, mords mes lèvres, violemment, contenant difficilement ce que j’éprouve pour lui, mais surtout, la raison que je perds à mesure de notre union. On se fond l’un dans l’autre, on continue, et mes pensées s’effilochent, se profanent, tantôt par lui tantôt par moi, je souffre autant que j’aime, lui en moi, lui, moi, profond, rien que ça. Plus vite et plus lent à la fois. Va et viens. Quand je rouvre mes yeux, tiraillée entre l’envie d’imploser et de lui faire encore payé ce qu’il m’a fait, je cherche les siens, abaisse mon visage pour lui offrir un nouveau baiser carnassier. Je me glisse alors jusqu’à son oreille, tandis que ma main droit se porte à sa gorge pour l’enserrer, du mieux que je le peux. Va et viens. Entre deux souffles, je murmure « Je te préviens … » Ma main libre s’en va chercher un bout de fer trainant dans la carcasse de ferraille qui nous entoure. Va et viens. Au bord du gouffre, prête à l’extase. Je relève à peine mon visage pour laisser place à mon arme de fortune, le menace en la plaçant sur son cou, ralenti ma cadence avant de perdre toute conscience. Va et viens. « Je jure de te tuer de mes propres mains. » Quelques secondes défilent durant le moment où j’espère qu’il comprend la signification de ma menace, s’il me laisse à nouveau, je le tuerai, et qu’il sait que ma douceur est parfaitement capable d’avoir sa peau. Va et viens. Je me laisse enivrer, desserre l’emprise de mes mains sur lui tandis qu’à contrario j’accélère mes ondoiements, plus rapide, jamais plus lent, toujours le même refrain, sur le chemin du bien. Je jette mon arme au loin, quand explose le feu au creux de mes reins. Va et viens, ne t'arrêtes pas, reste en moi.

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